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Accointances de certaines associations LGBTI avec l’extrême droite en France : en finir avec les silences complices

Appel à signatures (cf. ci-dessous)

[TW : transphobie, islamophobie, putophobie]

Ce n’est pas nouveau, certaines associations LGBTI en France ont en leur sein des responsables qui flirtent plus ou moins explicitement avec les thèses de l’extrême droite. Par exemple, les dernières prises de position transphobes et islamophobes de Mehdi Aifa, président de l’Amicale des Jeunes du Refuge, sont particulièrement inquiétantes et incitent collectivement à une réponse ferme des collectifs et associations en province et à Paris.

Le Refuge fait partie de ces quelques associations qui sont soutenues par et emportent l’aval des médias, des politiques et des financements publics (qui représentaient 26,5% en 2017, 21,4% en 2018 de leur activité). Créée en 2014, l’Amicale des Jeunes du Refuge avait alors pour objet d’assurer la convivialité entre les jeunes personnes LGBT hébergées par le Refuge, mais aussi d’accompagner les jeunes en attente d’hébergement par Le Refuge. Ces deux associations sont distinctes, mais liées, et pas seulement par leur nom. Sur Google, les premiers résultats associés à l’Amicale des Jeunes du Refuge mettent en avant la description suivante : “toute jeune association affiliée au Refuge”. Par ailleurs, le site web de l’Amicale des Jeunes du Refuge référencé par Google est le site web… du Refuge. Sur Facebook, la page de l’Amicale renvoie également au site du Refuge. Dans son rapport d’activité de 2017, le Refuge fait état de cette activité, et le président de l’Amicale des Jeunes du Refuge apparaît dans le clip de promotion du Refuge encore diffusé cette année, prouvant ainsi qu’il est étroitement lié au Refuge, ce que ses photos sur Twitter, de décembre 2019, signalent également :

Ce président de l’Amicale des Jeunes du Refuge, Mehdi Aifa, a écrit et signé dernièrement des articles et tribunes au sein de Valeurs Actuelles, un magazine qui relaie des thèses d’extrême droite, homophobes, racistes, sexistes, antisémites. Il félicite sur Twitter Génération Identitaire pour leur relaxe en justice pour incitation à la haine. Si cela ne suffisait pas, il profère des propos transphobes réduisant les hommes trans à leurs organes génitaux et à des menteurs et il qualifie de “délire” le fait de sortir avec des hommes trans :

Le président de l’Amicale des Jeunes du Refuge stigmatise les musulman-es et les jeunes des quartiers populaires ; ses propos valident la théorie du Grand Remplacement de Renaud Camus ou d’Éric Zemmour et il assimile immigration et terrorisme :

Il remet en cause des actions de lutte contre les discriminations au sein des établissements scolaires, qui reposent pourtant sur la déconstruction des préjugés exprimés par les élèves, en relayant un montage malhonnête et des tweets de l’extrême droite qui instrumentalisent les luttes contre l’antisémitisme à des fins islamophobes :

Il invective et souhaite la mort des militantEs LGBTI, en les accusant de céder face aux “islamistes” ou aux “racailles des banlieues”, au prétexte qu’ils refusent l’instrumentalisation raciste de la lutte contre l’homophobie et l’assimilation de cette dernière à certains territoires ou certaines populations.

Va t’occuper de ton fils, je sens que tu as encore besoin de ton joujou exotique” : voici un exemple des invectives publiques et racistes que le président de l’Amicale des Jeunes du Refuge a lancées contre un militant historique de la lutte contre le sida, contre les LGBTIphobies et les racismes, tout en souhaitant sa mort (“le cerveau de ce quinquagénaire en fin de vie est tellement pourri qu’on a juste à attendre quelques années pour en être débarrassé“). Les invectives couvrent aussi son fils, déshumanisé, réduit à un statut de “migrant” et de “joujou exotique” :

De tels propos, et l’invisibilité des activités de l’association de l’Amicale des Jeunes du Refuge, sont inacceptables. Quel est réellement le travail accompli par cette association ? Le Refuge ne peut ignorer les prises de position publiques réitérées du président de l’Amicale des Jeunes du Refuge. Est-ce à dire qu’il cautionne l’engagement à l’extrême droite du président d’une association qui en émane ? Le Refuge confie-t-il encore des missions à l’Amicale ? Le président de cette dernière se trouve-t-il en contact avec des jeunes hébergés par le Refuge et appartenant aux populations (personnes trans, musulmanes, migrantes) qu’il stigmatise en permanence sur les réseaux sociaux et dans les médias ? Les financeurs du Refuge sont-ils informés des valeurs d’extrême droite que porte le Président de l’Amicale dans le débat public et potentiellement auprès des jeunes hébergé-es par l’association qu’ils subventionnent ? Ces mêmes financeurs acceptent-ils qu’on diffame les actions de lutte contre les discriminations à l’école et auprès des jeunes ? Le confinement a renforcé l’impact des violences intrafamiliales LGBTI : or, l’Amicale du Refuge et son président sont restés silencieux sur le sujet alors qu’il s’agit de l’activité qu’ils prétendent mener, et à partir de laquelle Mehdi Aifa défend des positions d’extrême droite dans l’espace public. Le Refuge travaille-t-il en son sein à lutter contre toutes les formes de discriminations et contre ses imaginaires islamophobes ?

Dès lors, nos questions ne peuvent plus rester sans réponse. Nous attendons collectivement une remise en question profonde des cadres d’associations qui surfent sur des thèses de l’extrême droite, harcèlent les militantEs, et nous appelons les médias et les politiques à une responsabilisation quant à leurs interlocuteurs privilégiés, même de la part de ceux qui se disent de gauche et progressistes.

Appel à signatures ouvert aux associations, collectifs et individu.es engagés dans les luttes en faveur des personnes qui subissent les LGBTIphobies et le sexisme, et/ou en faveur des personnes qui subissent le racisme, l’islamophobie et/ou en faveur des personnes migrantes qui subissent la violence des politiques migratoires de l’État français, ou toute organisation défendant les droits et luttant contre les discriminations. Écrire à contact@irrecuperables.org

Premier.es signataires :

Collectifs:
Acceptess-Transgenres ; Accueil de merde, collectif dénonçant l’accueil fait aux migrant-e-s ; Act Up-Paris, association de lutte contre le VIH/SIDA ; Act Up Sud-Ouest ; Æquali’sport, association de lutte contre les discriminations dans le sport ; Association Reboo-T, association trans sur Nantes ; BAAM, Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants ; Baham ARTS, association marseillaise pour la visibilité des personnes LGBTQIA+ et les personnes trans et racisé.es ; Collectif Art en gouine, collectif de travailleureuses de l’art gouine ; Collectif Décolonial Déterminé, collectif de lutte décoloniale et anti-raciste ; Collectif Irrécupérables, collectif contre l’instrumentalisation des luttes LGBTQI et féministes à des fins racistes ; Collectif Féministes Révolutionnaires  ; Collectif Fiertés en Lutte, association collégiale qui organise la Marche des Fiertés de Lyon ; Collectif Lucioles, association LGBT de l’Université d’Angers ; Collectif Nta Rajel?, collectif féministe de politique décoloniale de la diaspora nord-africaine ; Collectif Rainbow Cité, collectif anarchoqueer marseillais Trans Pédés Gouines et Travailleur.ses du sexe ; Comité de Libération et d’Autonomie Queer – CLAQ ; Couvent de Paname, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, Paris Couvent des 69 Gaules, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, Lyon ; Couvent des Chênaies, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, Aix-en-Provence ; Couvent des SDF, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence ; Error.Tpg, collectif queer radical marseillais ; GETIN, Groupe Entraide Transidentitaire et Intersexe Normandie ; Glam Against The Machine, soirée queer et militante, Lyon ; L’Homônerie, association LGBTI+ de l’ENS Ulm ; La Pride de Nuit Marseille ; Le Planning Familial 31 ; Le Planning Familial 56 ; La Pride de Nuit Montpellier ; La Station Alsace, centre LGBTI de Strasbourg ; Les Enfants Du Stonewall, association de Webradio radio lgbtiq+ “Radio Stonewall” ; Les Dégommeuses ; Les folies passagères, créations artistiques féministes ; Les Ours de Paris ; LGTBQIpouppette, association LGBTQI de Montluçon ; Mille et Une Queer, collectif de féministes queer issuEs de l’immigration ; NOSIG, centre LGBTQI+ de Nantes ; OUTrans, association féministe d’autosupport transPersonae Of Color, collectif AfroQueer et Decolonial ; Queer’Amann, association lgbtqia+ à Saint Nazaire ; Saint-Denis Ville-au-Cœur, association de Saint-Denis (93) ; Sexy SouciS, collectif féministe engagé pour la santé sexuelle, notamment des personnes LGBT+ ; Strollad LYDTE dispac’hel breton, Collectif LGBTI révolutionnaire breton ; Support Your Local Girl Gang, collectif et média sur Montpellier ; Transféministe France ; TRANS INTER action, association Trans & Intersexes des pays de la Loire ; Transat, association trans à Marseille ; Une Quinzaine des Féminismes, collectif marseillais féministe ; Women’s March Paris, collectif féministe et anti-raciste qui lutte pour TOUS les droits humains

Individus :
Jeanine Abus, drag queen et militant à la FSE ; Diane Adam, militante CGT ; Nina Adl Lenestour, Travailleuse du sexe, Trans activiste, militante dans la lutte contre le VIH/SIDA ; Marion Alcaraz, juriste ; Christian Andreo, militant, bi & drogué ; Isabelle Astier ; Olivier Attoumany, activiste, militant anti-raciste et décolonial ; Raphaël Ayoun ; Grégory Bekhtari, militant FSU ; Karim Benbélache, militant queer antiraciste issu des quartiers populaires ; Lucas Bauve, militant à la FSE ; Emmanuel Bodoignet, Représentant des usagerEs du système de Santé à la Conférence Nationale de Santé ; Charlotte Blanc, Docteure en sciences de l’information et de la communication ; Youcef Brakni, militant antiraciste ; Maxime Bühler, DJ et militant queer, Lyon ; Emmanuel Carroz, Militant LGBTI+, Mr Bear Auvergne Rhône Alpes, Adjoint au Maire de Grenoble en charge de l’égalité des droits et de la vie associative ; Jean-Philippe Cazier, écrivain ; Christophe Chaumont, humaniste et militant engagé contre toutes les discriminations liées à la race et à la sexualité, farouche adversaire de l’extrême droite ; Laurène Chesnel, Vice-présidente de la CNCDH, Déléguée familles de l’Inter-LGBT ; Fred Colby, Activiste VIH/sida ; Thibault Corneloup, Militant autiste et LGBT, co-fondateur de l’association CLE Autistes ; Jérôme Courduriès, anthropologue ; Julie Crenn, militante féministe ; Thomas Crespo, doctorant en études de genre ; April Cuggia, Militante Trans LGBTI+ ; Cédric Daniel, Activiste VIH/sida ; Lou Depreaux-kraviec, militanteLise Desceul, Doctrice en littérature comparée (queer studies) ; Chloé Matcha Desoutter, Présidenx de Medusa ; Alex Deval, militant écologiste et pour les droits humains ; Fleury Drieu, militant FSU ; Audrey Ducloux, professeure de SVT et militante LGBTQI ; Emilie Dufour ; Tanguy Dufournet, militant et sociologue ; Rachel Easterman-Ulmann, autrice ; Beryl Esbrayat, militante anarqueerfem ; Karine Espineira, Université Paris 8 ; Casey Fabriès, militant Act Up-Paris ; Gwen Fauchois, activiste ; Selyne Ferrero, militante féministe ; Simon Fitoussi, militant au sein de l’association Paris d’Exil et trans-activiste ; Xavier Fleuranceau, chirurgien-dentiste ; Alexis Frobert, pédale associative et militante ; Jin, activiste queer ; Françoise Lucas Griffon, militante Intersexe créatrice de la page Libres d’être ; Vincent Guillot,militantE Intersexe, co-fondatRICE de l’Organisation Internationale Intersexe ; Florence Jacquet, artiste, féministe, fondatrice Alternatif world ; Lau, militante féministe et lesbienne Laurier The Fox, auteur BD trans et militant LGBTIQA+ ; Nuage Lefebvre-Naré, militant.e intersectionel.le, responsable de l’association Zaka Sanctuaire (hébergement exilé.e.s LGBT+) ; Léo Lefrançois, étudiant journaliste ; Olivier Lelarge, militant FSU ; Cecil Lhuillier, activiste ; Victoire Lippert, militant.e LGBTQI ; Sigourney Loconto, militanx trans-activiste anti-fasciste intersectionnel·le ; Pauline Londeix, ancienne vice-présidente d’Act Up-Paris, cofondatrice de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament ; Lord M, président d’un collectif de lutte contre les LGBT-phobies ; Damien Loret, co-référent du comité LGBTI+ du mouvement Génération.s ; Manue Mallet, militante NPA ; Fabien Marcot, graphiste ; Chris Marty, militant LGBTQI ; Eliane Meillier, militante NPA ; Laure Merindol, militante des droits humains, solidaire et citoyenne, bénévole au Planning Familial ; Madjid Messaoudène, élu de la ville de Saint-Denis (93) et en charge de la lutte contre les discriminations ; Claire Micaleff, psychopraticien-ne ; Benoît Mida-Briot, chef de projet Formation Professionnelle ; Emeric Migaise, militant LGBTQI ; Isayie Moreira Da Silva, activiste ; Chloé Morisset, fondatrice de TRANS INTER action et co-porte parole de la Fédération trans et intersexes ; Trung Nguyên-Quang, doctorant en sociologie ; Océan, acteur et réalisateur ; Selma Oumari, militante NPA ; OUT’ragéE, militante queer féministe ; Erwan Passey, enseignant et militant queer ; Alexandre Piu, militant pour les droits LGBTQI ; Alexandra R. Raduszynski, Danseuse, Danse-thérapeute, Deejay ; Raqvam, militant intersectionnel ; Alexis Réjasse, président de La Gabare, association de soutien aux mineur·e·s exilé·e·s dans la Nièvre ; Julien Ribeiro, Militant pédé-séropo ; Valérie Rote Zora Grand, activiste trans féministe antifa ; Laurent Roux, militant LGBTQI+Paul Roy, homme transgenre ; Tarik Safraoui, militant LGBTQI NPA ; Saigyouji, militante LGBT et féministe ; Frida Salo, drag queen et militantE, Lyon ; Catherine Samary, économiste altermondialiste ; Jena Selle, militante de SOS homophobie ; Nicolas Sergeant, Pédé, militant de la lutte contre le VIH/SIDA ; Pierre Serne, membre du conseil scientifique d’IDAHOT International, élu de Montreuil (93) et militant pour l’égalité des droits LGBTI+ ; Omar Slaouti, militant anti-raciste ; Martine Tessard, militante NPA ; Drass Tecles, trans-aktiviste, militant-e LGBTQI+, antifa ; Pierre Tevanian, co-animateur de LMSI (les mots sont importants) ; Maud-Yeuse Thomas, Observatoire des transidentités ; Akroum Torya, cheminote ; Sébastien Tüller, responsable de la commission orientation sexuelle et identité de genre à Amnesty international France ; Françoise Vergès, féministe decoloniale antiraciste ; Olga Volfson, (journaliste, militant·e féministe LGBTQI+ et anti-grossophobie) ; Awa Von K., militante queer antiraciste

Plus d’informations : https://blogs.mediapart.fr/merome-jardin/blog/200520/extreme-droite-islamophobie-transphobie-et-censure et https://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache%3A7AdDbr2i49gJ%3Ahttps%3A%2F%2Fblogs.mediapart.fr%2Fmerome-jardin%2Fblog%2F300420%2Fextreme-droite-islamophobie-et-homophobie%20&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&client=ubuntu&fbclid=IwAR1AlZMehGit9FeCk32ONtal3LtIOr2eJgCXXOPNt8l43tmOXFdNpEv2bFM